Entrevue avec Monsieur Raph, demi-finaliste à Granby

Photo : Mélanie Fillmann
Photo : Mélanie Fillmann

Le Festival international de la chanson de Granby a annoncé les noms des 24 demi-finalistes de sa 47e édition qui se tiendra du 19 au 29 août prochain. Présentées sur quatre soirs, les demi-finales auront lieu du 19 au 22 août 2015 au Palace de Granby. L’animation a été confiée à Matthieu Girard, et chaque soirée accueillera un artiste invité. Philippe B, les deux finalistes 2014 Émile Bilodeau et Antoine Lachance ainsi que le lauréat de l’an passé Michel Robichaud seront les artistes invités des demi-finales 2015. Pour l’occasion, Le Draveur s’est entretenu avec Monsieur Raph (Raphaël Delahaye de son vrai nom), demi-finaliste lors de la compétition.

Comment s’est passée cette sélection?

Ça fait un petit bout de temps que je fais rouler ma musique en solo. J’ai voulu développer un peu mon projet, donc j’ai essayé de postuler pour le concours de Granby. À ma grande surprise, j’ai été pris pour les auditions. Je suis allé à Granby et j’ai présenté trois chansons. Ça s’est très bien passé et, à ma très grande surprise (encore), j’ai été rappelé pour faire les demi-finale.

Donc, ça s’annonce bien?

Ça s’annonce bien en général oui. Je ne suis pas quelqu’un qui fait beaucoup de compétitions dans la vie. C’est déjà une grande chance pour moi de faire cette formation là et les demi-finale. Puis après on verra ce qui adviendra, ce n’est pas plus grave que ça si je ne gagne pas, ce n’est pas une finalité en soi.

C’est quand même un bon tremplin quand on commence un projet, non?

Je penses aussi que c’est un bon tremplin. Comparé à d’autres demi-finaliste, je ne suis pas natif du Québec et ça fait quand même plusieurs années que je suis là. Assez rapidement, tu comprends en évoluant ici dans la musique qu’il faut quand même passer par ce genre de tremplin là pour avoir une certaine reconnaissance. Pas vraiment une reconnaissance au sens large, mais plutôt pour être reconnu comme artiste émergent. Je pense que c’est une réalité très présente au Québec.

C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres artistes, j’imagine?

Tout à fait, on peut rencontrer les autres demi-finaliste. Ce sont tous des artistes très bon. Je n’ai pas le mérite de dire que je suis meilleur que quelqu’un d’autre ou que mon projet est meilleur. C’est une chance et une belle occasion de rencontrer d’autres artistes avec qui on pourra surement collaborer ensemble. Pour le concours on a aussi la chance de discuter avec plusieurs artistes établis au Québec, et pour les formateurs, il y a Philippe Brault et Guido Del Fabbro, pour ne citer qu’eux. Ils sont déjà amplement reconnus dans leur pratique artistique.

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Tu fais de la musique depuis ton arrivée au Québec, il y 7 ans?

Depuis très longtemps! Je suis un peu autodidacte. Je n’ai jamais pris de formation. Le fait de pouvoir prendre une formation en chant avec des professionnels de Granby c’est quelque chose de super, puisque je peux enfin trouver de la théorie qui me manquait peut-être pour évoluer. J’ai commencé de façon indépendante, avec essai-erreur en développant mon style un peu en marge des approches normales.

J’ai vu que tu avais quelques chansons sur bandcamp qui datent d’octobre 2014? As-tu prévu la sortie d’un album bientôt?

En fait, c’est dans le futur plus ou moins proche. C’est un projet que je développe en solo et en band. La formule de la version studio, pour enregistrer en CD, c’est quelque chose qui est en prévision, mais c’est aussi un gros investissement en terme d’argent. C’est peut-être avec ce genre de tremplin comme Granby, que je vais pouvoir trouver de l’accompagnement qui soit assez suffisant pour sortir quelque chose de plus professionnel et moins artisanal comme je l’ai fait précédemment.

La thématique du voyage est un bon filon d’inspiration pour tes chansons?

Le point de vue artistique est souvent en parallèle avec notre vie personnelle quand on compose. Toutes les chansons que j’écris ou les pièces que je compose ont un rapport avec un endroit. Je me suis rendu compte de ça assez rapidement. Effectivement, il y a toujours une notion de voyage dans ce que je propose et ce que je chante. Je ne sais pas pourquoi (rires), c’est un hasard des choses qui a fait que j’ai toujours eu un rapport avec le train et le voyage. Je suis toujours allez dans des places différentes qui m’ont amené à rencontrer des gens. Si je prends juste les pièces que je vais présenter à Granby, il y en a trois.

La première s’appelle Esperenza et je l’ai écris quand j’étais en voyage au Nicaragua. Quand tu pars en voyage, tu ne peux pas partager les paysages que tu vois ou les gens que tu rencontre. Alors, je le fais en chanson.

La deuxième chanson, je l’ai écrite à Montréal. Je jouais dans la rue et il y avait un gars qui dansait devant moi avec un billet de 100$ dans la bouche et qui me l’a tendu de sa bouche pendant que je jouais. C’était très bizarre. Je crois qu’il voulait que je prenne l’argent avec ma bouche alors que je jouais… Il y a eu un malaise. Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi j’avais refusé…

La troisième chanson Vers le nord, est peut-être la plus marquée dans mon histoire personnelle. Il y a un lien avec la direction, le départ et surtout le train. Il y a quelques années, il y a eu plusieurs trains qui ont déraillé un peu partout en Suisse, au Québec, en Espagne et en France. J’étais juste devant le train qui a déraillé en France. Je rentrais de voyage. Au début, j’étais un peu sous le choc. J’avais un concert à donner à Paris, mais je me sentais vraiment mal. J’ai développé un syndrome du survivant : je culpabilisais. Bien sur, c’est un concours de circonstance, mais ça me travaillait constamment.

Je voulais que le train soit un départ, une invitation au voyage.

Retrouvez Monsieur Raph sur Facebook.
Festival international de la chanson de Granby ficg.qc.ca

Photo : Chloé Léatitia
Photo : Chloé Léatitia
Rédacteur en chef, webmestre et buveur de café.