
Dans un billet précédent, j’annonçais la sortie d’un album de Francis Mineau, batteur de Malajube. Intitulé Oothèque, son projet sortira le 14 mai chez les disquaires. Pour l’occasion, je me suis entretenu avec l’artiste pour discuter de sa démarche et de son projet.
Ça fait quoi de partir un projet solo?
Ça fait pas mal de choses, un peu de stress, un peu d’excitation, d’angoisse. Du bon temps, du mauvais temps, des casses-têtes. J’y suis beaucoup plus impliqué parce que le projet repose juste sur mes épaules.
C’est un projet qui a été échelonné en plusieurs temps. Je me souviens avoir travaillé sur plusieurs rifts durant l’enregistrement (du dernier album de Malajube) La Caverne, mais en même temps, il n’y a rien que j’aurais pu dire qui allait se retrouver dans ce projet.
Comme on le sait, tu as fait cet album au complet et seul, comment s’est déroulé la création et l’enregistrement?
J’ai enregistré dans plusieurs studios, une partie dans mon local. Il y a aussi plusieurs filles qui sont venu chanter sur l’album (Laurence Lafond-Beaulne, Florence Créte-Lafrenière et Lise Iwanicki, de Creature) et Peter Peter puis mon ami Pierre-Luc Bégin (Polipe et We Are Wolves) qui a fait une chanson à la batterie, sinon, j’ai tout fait moi-même.
On te connaissait comme batteur de Malajube, mais là tu as touché à tout : guitare, batterie, clavier…
… et la basse, les pianos, les percussions et la voix. En fait, j’ai joué tous les instruments que j’étais en mesure de jouer. J’aurais aimé rajouter des cuivres, trompette et saxophone, mais en même temps je ne pense pas que c’était nécessaire de prouver que je jouais tous les instruments alors que je ne les maitrise pas parfaitement. Je ne suis pas un virtuose non plus, j’aime jouer de tous ces instruments, mais je ne suis pas le meilleur, je le fais par passion.
Si tu fais tout sur l’album, sur scène ton projet ressemblera à quoi?
Je n’ai pas l’intention d’être un homme-orchestre où je joue de tout avec la caisse claire dans le dos et je ne pense pas que le projet s’y prête. Même en format acoustique, les chansons ne sonnent plus pareil. Je les ai composés directement avec des guitares et du piano et en ce moment je dois déconstruire ce que j’ai fait pour les rendre plus simples. Je dois faire un travail à l’envers. Je n’avais pas du tout l’intention d’un projet «chansonnier». Mais c’est un beau défi.
En spectacle, seras-tu le batteur et chanteur?
Non pas vraiment les batteurs qui chantent ne m’ont jamais attiré. J’ai jonglé avec les possibilités de jouer de la guitare ou du clavier, mais je n’ai pas envie de m’éparpiller. Je vais jouer de la guitare et chanter.
Ces chansons-là, je ne les ai jamais joués. Je ne les connais pas encore, elles ne sont pas pratiquées. Elles ont été construites entièrement en studios.
En fait, je n’ai pas le désir absolu de faire des spectacles. Le premier projet était seulement de faire un album, un disque. Je ne pensais pas vraiment à ce qui allait suivre. Je pensais me sauver de tout ça. J’ai une idée vraiment romantique de la chose qui fonctionne plus ou moins. Mais ça ne me déplait pas du tout, ça me permet de réfléchir sur le projet, de l’expliquer, de lui donner vie.
La création de cet album n’était pas juste de faire des chansons, mais de tout produire lui-même. C’était beaucoup de travail?
Je devais appeler beaucoup de gens, réserver des rendez-vous, louer de l’équipement, trouver quelqu’un pour faire la pochette, trouver un photographe, ça prend beaucoup d’énergie. C’était vraiment le fun de faire ça, mais je ne suis pas certain de recommencer. Faire les demandes de subventions, remplir les papiers, les factures, c’est une job que je suis content d’avoir fait. J’suis fier autant du côté musique que du côté business.
Concernant l’album en soi, il y a le thème des animaux qui revient souvent, le titre du projet Oothèque et il y a aussi cette pochette qui semble référer à un animal, un ours ou un grizzly?
Cette image-là, tout de suite, il y a un référent à un animal, ça suggère plein d’animaux. C’est important, parce que dans mes chansons, il n’y a rien que je donne crue. C’est parfois léger, mais cryptique aussi. J’avais l’idée de suggérer, sans donner l’image directement. L’idée de la pochette, c’était de synthétiser une image et de la rendre simple, mais cryptée. Je préfère le pouvoir de suggestion des choses que des réponses toutes faites. Comme Oothèque, on penserait que c’est un mot que j’ai inventé alors qu’il existe, mais n’est jamais utilisé. Dans l’esthétisme visuel se retrouvent mes idées musicales. J’en mets beaucoup pour que ça suggère plus. C’est très personnel. Une façon d’être autobiographique, sans être sérieux, en restant ludique.
Lancement avec courte prestation le 16 mai à l’O Patro Vys
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