Entrevue: marijosée – Oli Laroche – The Urban Indians

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Dans le but de connaitre les artistes qui s’affronteront lors des préliminaires des Francouvertes, Le Draveur s’est entretenu avec chacun d’eux en leur soumettent un petit questionnaire de 10 questions.

marijosée

marijosee

D’où elle vient : du plein milieu de nulle part, dans le sud du Manitoba. Son parcours : mâcher de la gomme en chantant sur les bancs d’église, suivi de dizaines d’années d’études en chant jazz, classique, pop et bel canto, d’études en percussions et, finalement, du lancement d’une carrière solo.

Écoutez la chanson Mouche de moutarde.

1. Comment en es-tu arrivé à devenir auteur-compositeur-interprète?

En commençant, j’étais interprète. Je dépendais des autres pour créer et avoir des textes pour ma musique. Une fois, alors que j’étais trop impatience, j’ai décidé d’essayer moi-même avec un amis poète haïtien. Depuis, j’écris de plus en plus! Les thèmes me viennent assez facilement de mon vécu. Je vis et ensuite j’écris.

2. Pourquoi vous être inscrit au Francouvertes?

Le concours m’intéressait beaucoup. J’ai des amis qui sont passés par là ainsi que des gens que j’admire beaucoup comme Bernard Adamus, les Hay Babies, les Soeurs Boulays. Je me suis dit, pourquoi pas! J’aime les défis et c’était sur ma liste des choses à essayer.

3. Qu’allez-vous apporter à la compétition?

Je vais apporter une petite vibe manitobaine. Je suis une passionné de la scène, alors j’ai hâte de monter sur les planches et de faire ce que je fais le mieux!

4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?

Le défi, c’est de partir de l’ouest et de faire sa place, même si je n’ai pas nécessairement un entourage québécois encore. Il y a plusieurs artistes qui sont québécois dans la compétition et j’ai hâte de voir si je vais pouvoir me démarquer et me rendre en demi-finale et même en finale.

Est-ce qu’il y a une grande scène francophone à Winnipeg?

Oui, on est peut-être 40 000 ou 50 000 francophones et tous les artistes franco-manitobains, on se connait. C’est comme de la famille, alors oui, on s’entraide. Il n’y a pas beaucoup d’artistes par contre qui font le métier hors province. On est quelques artistes qui font le métier à temps plein hors province et à l’international.

5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?

J’ai été au camp de composition à Petite-Vallée et ça a déclenché quelque chose. Ça m’a donné une semaine de défis. J’aime les défis! À la fin de la semaine, on devait composer une chanson et la présenter au public. Depuis ce temps-là, j’écris de plus en plus. Ça me force à me concentrer.

6. Quel est ton artiste québécois préféré?

J’ai vu Alexandre Désilet plusieurs fois cette année et j’ai beaucoup aimé son album alors je dirais probablement lui. Je suis une personne qui va écouter quelque chose pendant un long moment et Désilet, c’est mon coup de cœur du moment.

7. Une chanson marquante et pourquoi?

Moi, ce n’est pas juste les chansons qui me marquent, mais aussi les titres d’albums. Par exemple Pas tout cuit dans le bec, ça veut dire de faire ce que tu veux, rien ne te sera donné. J’ai été élevé comme ça. La musique aussi, ce n’est pas évident. Le titre me motive à continuer à bûcher.

8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?

Mon père n’avait pas beaucoup d’albums et il nous imposait d’écouter de la musique francophone à la maison. Mais puisqu’il n’avait pas beaucoup de disques, on roulait non-stop les mêmes. Céline Dion a roulé beaucoup chez nous et là je suis un peu écœuré (rires), mais sinon c’était pas mal ça. Il y avait aussi un album manitobain qu’on a écouté beaucoup pendant qu’on faisait la vaisselle.

9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?

Mon but, c’est vraiment de me faire voir par l’industrie. Il y a plusieurs Montréalais qui m’ont vu en prestation dans des vitrines, mais j’ai vraiment le goût de partir d’autres relations avec l’industrie et le public québécois. C’est toujours amusant de se faire des nouveaux amis et des relations ainsi que nouer avec un public.

10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?

J’ai essayé de ne pas trop regarder les autres artistes qui participent pour ne pas me décourager. C’est psychologique. Alors je souhaite de la merde à tous les participants (rires), mais sans blague, c’est un beau concours et j’ai hâte de voir les spectacles des autres et de voir des nouveaux projets sur scène. Je souhaite de la chance à tous les artistes.


Oli Laroche

Photo : Le Petit Russe
Photo : Le Petit Russe

Oli Laroche est un musicien-compositeur-réalisateur touche-à-tout originaire de Québec. D’abord accompagnateur pour de nombreux artistes, dont Bernhari (album), Alex Nevsky et Gaële, et membre fondateur du défunt collectif Le Roi Poisson, Oli Laroche se lance enfin en solo avec le EP Pop-Louche, paru en septembre dernier.

1. Comment en es-tu arrivé à devenir auteur-compositeur-interprète?

C’est arrivé de fil en aiguille. J’accompagnais quelques auteurs-compositeurs-interprètes, je jouais dans plusieurs bands et il est venu un moment où j’avais des chansons d’accumulées. J’ai quand même étudié en composition et j’écrivais pour d’autres groupes comme le Roi Poisson et pour mon groupe de rock. De fil en aiguille, j’avais cette envie-là et ce besoin de création d’écrire des chansons et le gros move ça été d’enfin les transposer. Je devais me mettre en avant plan. J’étais trop confortable derrière ma batterie. Je me suis rendu compte que j’étais bourré de crainte. J’ai combattu ça et ça s’est finalement imposé naturellement.

2. Pourquoi vous être inscrit au Francouvertes?

Je trouve que pour l’expérience, c’est super. J’ai eu la chance de faire les Francouvertes avec d’autres artistes. C’est donc mes cinquièmes Francouvertes. J’ai vu ce que ça l’a apporté à certains artistes et c’est aussi une bonne idée pour casser la glace. L’expérience du public, qui te juge parfois d’une façon très crue et anonyme, ça peut être pour te donner de la merde où pour t’encourager et te donner un retour direct et honnête sur ce que tu fais. J’ai donc envie de recevoir cet imput là.

3. Qu’allez-vous apporter à la compétition?

Pour l’instant dans les soirées, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup de contact avec le public. J’ai trouvé que les band enchainaient beaucoup trop vite leurs chansons. Il y a peu de personne qui prend le temps de jaser et de montrer leur personnalité. C’est quand même quelque chose d’important et qu’il faut faire, selon moi, pour que les gens te connaissent. J’ai le goût d’interagir, alors que c’était ce qui me faisait le plus peur au départ. J’ai le goût qu’ils connaissent un peu mieux ma personnalité.

4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?

En soi, faire le spectacle est un défi. C’est nouveau pour moi d’être front. Assumer mes chansons, les défendre et interagir avec le public, tout ça, c’est un peu le défi à relever.

5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?

Je t’avoue que beaucoup de chansons sont en lien avec des relations amoureuses. Il n’y a pas de contexte précis. Parfois, ça va super bien, parfois ça l’a chié ben raide. Il y a même une chanson que je fais qui est né du grand néant. Ce moment quand l’amour nous quitte et que même ton heure s’est enfuie de toi, c’est le désert de Gobi, le grand vide autour de toi. Cette fois là, ce qui n’arrive jamais, les paroles et la musique sont arrivé assez rapidement.

6. Quel est ton artiste québécois préféré?

Il y a beaucoup d’artistes que j’aime beaucoup, sans rentrer dans l’idolâtrie. J’aime bien Jérome Minière, sinon c’est certain que j’aime Fred Fortin et tous ses projets. J’aime Galaxie et les trucs qui rock.

7. Une chanson marquante et pourquoi?

S’il s’agissait d’une des miennes, j’aurais pu te parler d’une pièce qui est vraiment spéciale. C’est une pièce que j’ai écrite par amour, mais qui n’est pas une chanson d’amour. Je l’ai écrit pour un gars, mon meilleur ami du secondaire. C’est une chanson d’amitié qui aborde un sujet un peu dark. Mon ami, à 15 ans, s’est fait couper l’herbe sur le pied quand il est devenu schizophrène. On a du dealer avec cette maladie mentale là sans savoir qu’il l’avait au départ. Chaque fois que je joue cette chanson, elle me touche beaucoup. Le public chante avec moi aussi et ça devient encore plus touchant.

8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?

Je suis un gars du rock. J’ai écouté beaucoup de vieux trucs. J’ai grandi avec Led Zeppelin, les Beatles, Pink Floyd, Rush et pas mal de prog. Au secondaire, j’ai aimé beaucoup de choses, mais dans l’alternatif progressif, mon band préféré c’était Tool.

9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?

Dans un monde idéal, je me trouverais des partenaires, des gens qui peuvent m’aider. Pour l’instant, je fais tout moi-même, je n’ai pas de gérant, de booker, ni de label. J’aimerais trouver des gens qui aiment ma vision et qui ont le goût de pousser mon projet un peu plus loin. Je ne veux pas non plus me créer des attentes. Je vais prendre ce qui viendra, je suis déjà très reconnaissant d’être là.

10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?

Je dirais Yokofeu et Rosie Valland parce que je les ai beaucoup aimés pour l’instant. Je trouve qu’ils se démarquent. Sinon, je prêcherais pour ma paroisse en disant moi!


The Urban Indians

Crédit : Daphné David
Crédit : Daphné David

Le groupe The Urban Indians, c’est des amis de la Rive-Nord qui ont emménagé à Montréal pour vivre le rock. Ils jouent de la musique pour la musique (pour manger aussi). Le groupe aime les grooves organiques, les envolées aériennes et quand ça sonne la tonne.

Entrevue avec Jean-Philippe Sansfaçon

1. Comment est né votre groupe?

Dans le fond, je connaissais Mathieu (le bassiste) depuis le début du secondaire et on avait fait quelque truc ensemble, comme des covers. Je lui ai dit que je voulais partir un band avec mes chansons et il était game de me trouver des musiciens. Comme il étudiant à Lionel-Groulx en musique, il connaissais plein de musiciens, alors il m’a présenté Jean-François et Étienne. Moi, j’ai étudié en cinéma à l’UDEM. J’ai appris la musique en trouvant une guitare classique chez moi et en jouant des covers de Jimi Hendrix.

2. Pourquoi vous être inscrit au Francouvertes?

On s’est inscrit parce que je trouvais que c’était une bonne idée de faire deux concours cette année, le premier étant Granby. Faire les Francouverte, ça offre une très belle visibilité et on voulait en profiter pour faire des entrevues et pour que le monde connaisse notre nom. C’est un gros filtre les Francouvertes et on voulait être filtré, pour être un peu plus connu et rencontrer le monde qui va aimer notre musique.

à propos du nom du band, dison qu’au début, je faisais de la musique principalement en anglais, mais petit à petit, on a commencé à intégrer des chansons en français. J’ai le goût de me donner des portes avec un nom anglophone, tout en composant dans les deux langues.

3. Qu’allez-vous apporter à la compétition?

Je ne vois pas trop ça comme une compétition, parce que tout le monde est vraiment différent. S’il y avait quelque chose à comparer, je dirais qu’on a un beau mix entre danse/planant/atmosphérique et un côté qui groove un peu plus. Je pense qu’on a une belle courbe pour notre show.

4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?

Ça serait de ne pas me planter sur scène. Ça serait vraiment cave d’avoir le trac pour rien. Je ne pense pas que ça va arriver, mais on ne sait jamais. Le gros stage de Granby, c’était stressant, mais ça s’est bien passé. Faudrait pas qu’on se trompe.

5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?

J’aime beaucoup la photo et le cinéma et quand je suis sollicité visuellement par un paquet de trucs. Parfois, on dirait que j’ai un trip de consommer des images, c’est là que ça vient. Être en mouvement, visiter des lieux, faire des liens avec les images, ça me sollicite beaucoup. Faut que je sois dans un moment où je suis émerveillé par la beauté, c’est là que je peux créer. Quand je suis dark, je ne compose pas aussi bien que ça.

6. Quel est ton artiste québécois préféré?

Je dirais Jean Leloup, mais je pense que c’est trop classique. Ne le dis pas à personne, on ne va pas dire ça, laisse-moi réfléchir… Un artiste québécois?

OK, on y va pour Leloup!

7. Une chanson marquante et pourquoi?

Je dirais Beach House de Zebra. Il y a une touche vraiment nostalgique. On dirait une danse de fin de soirée, mais pas un slow cheesy. On dirait une danse où il y a une part de nostalgie un peu dansant et on dirait qu’il y a une acceptation dans la chanson. On accepte qu’il y ait une part de nostalgie dans la vie.

8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?

J’écoutais beaucoup d’Hendrix, Jean Leloup, The Doors et Devendra Banhart.

9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?

Je souhaite que ça nous donne une bonne visibilité et du matériel qui va nous permettre de postuler pour des spectacles et des festivals un peu plus gros et payant. Le but est aussi de nous permettre de faire plus de musique sans trop stresser et faire des spectacles ailleurs qu’à Montréal.

10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?

C’est vraiment difficile… Est-ce que je peux en nommer trois? Je dirais Mathieu Bérubé, Rosie Valland et Les Guerres D’l’Amour. Ça serait les trois que je verrais. Je ne nommerais pas mon guitariste (Jean-Françcois Malo), parce que c’est un parti pris, c’est de la famille.


Soir 1 : Francouvertes [Entrevue] : YOKOFEU – Beat Sexü – Les Guerres D’l’Amour
Soir 2 : Francouvertes [Entrevue] : C-Antoine Gosselin – Rosie Valland – Jean-François Malo
Soir 3 : Francouvertes [Entrevue] : marijosée – Oli Laroche – The Urban Indians
Soir 4 : Francouvertes [Entrevue] : Samuele + Deslandes + Rymz
Soir 5 : Francouvertes [Entrevue] : Mathieu Bérubé + Anatole + Eugène et le cheval