Pourquoi être confiné à la maison ne m’a pas motiver à écrire et créer plus

Au début du confinement, je pensais qu’avoir tout ce temps supplémentaire seul à la maison me permettrait de créer davantage et d’avoir enfin le temps que je cherchais pour écrire plus.

Mais étrangement, ce n’est pas ce qui arrive.

Oui, je suis blogueur à temps plein. Toutefois, je n’ai pas l’habitude de travailler à domicile à temps plein. Au lieu de cela, j’ai un travail de bureau de neuf à cinq. Je m’assois à mon bureau dans un immeuble de bureaux sur l’avenue Mont-Royal et je reste à l’affût de tout ce qui se passe à Montréal, au Québec et dans le monde, tout en échangeant avec mes collègues et en multipliant les rencontres et les projets.

Cependant, compte tenu de la crise sanitaire mondiale actuelle, mon espace de travail normal a radicalement changé, ainsi que mes méthodes de travail. J’ai donc dû m’obliger à m’adapter à un environnement de travail différent et à une routine différente.

Je travaille à domicile depuis plus d’un mois maintenant.

Et je dois admettre que cela n’a pas été un ajustement facile. Au début, j’étais hyper motivé et productif. Je me suis mis en mode créatif et je sautais sur chaque nouvelle pour écrire sur ce sujet-là. Je n’ai jamais été aussi productif côté professionnel. Plus personne pour me déranger, moins de courriels et fini les meetings. Être à la maison a été extrêmement fructueux pour moi jusqu’à ce que…. je perdre mon emploi.

Cela n’a pas été facile.

Une fois sans emploi, je me suis dit, je vais avoir du temps de libre pour moi. J’avais plein d’idées, beaucoup de sujets, pleins d’avenues et de projets. Cependant, rien ne m’a motivé, j’étais épuisé et démotivé.

Je pensais qu’avoir tout ce temps libre me motiverait, mais hélas, c’est le contraire qui est arrivé. Je me suis senti submergé. Tout devenait moins important durant cette crise. À quoi bon continuer?

Je me suis mis à courir dehors.

J’ai rempoté toutes mes plantes.

J’ai un peu lu.

J’ai beaucoup écouté de séries sur Netflix et Amazon Prime.

J’ai fait du ménage et réparé des trucs.

 

Crédit : Alexandre Turcotte

 

Mais écrire pour moi et mes projets, ça non.

J’ai réalisé que travailler à la maison et être seul n’est pas la retraite d’écriture rêveuse à laquelle je pensais. 

Puis au bout d’une semaine à me morfondre un peu sur moi, je me suis finalement retroussé les manches et je me suis fixé des objectifs.

J’allais enfin être plus sérieux et consciencieux. Séparer en deux ma journée et prendre une moitié pour mes projets.

 

Toutefois, j’ai retrouvé mon emploi.

Alors retour à la case départ, avec la motivation un peu perdue en court de route, un sentiment de rattrapage dans le fond de la gorge : il faut faire mieux et plus vite.

Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas retourner au rythme d’avant. Maintenant j’avais acquis une routine de santé : course, 1h de pause, marche, pause café et moments de lectures.

Le peu de temps qui me restait dans ma période de travail active, je le prenais pour moi et ma santé mentale, pas pour mes projets.

 

 

À la recherche d’équilibre entre travail et santé d’esprit.

Nous avons tous le même nombre d’heures exact dans une journée, quelle que soit notre situation de travail. Je m’attendais à ce que le travail à domicile signifie que j’aurais plus de temps dans la journée, mais ce n’est pas le cas. J’ai exactement le même temps qu’avant et je le dépense différemment, tout simplement.

Au début du confinement, je me suis lancé corps et âme au travail, car je ne voulais pas être chez moi «à ne rien faire». Au final, le temps que je consacre à mont travail doit rester le même, il est juste plus modulable à la maison, selon mes besoins.

Nous faisons tous l’excuse de «ne pas avoir assez de temps», mais la réalité est que parfois, il faut prendre le temps de faire les choses.

 

À la fin de la journée, il faut faire en sorte que l’écriture se produise

On voit souvent des gens n’avoir rien à faire et trouver le confinement difficile. Je les comprends. C’est ma semaine sans emploi que j’ai trouvé le plus difficile: me coucher à 3h du matin, me réveiller à midi. N’avoir aucun objectif ni aucun but a été éprouvant, sans farce.

Il faut se fixer des objectifs, petit et grand, qu’on réalise ou pas. Mais se donner des objectifs aide à garder un rythme, une raison, un fil conducteur.

 

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Créer reste un travail.

Que vous choisissiez de le croire ou non, l’écriture et la création viennent parfois difficilement. Si vous deviez me dire que vous vous réveillez tous les jours avec des mots qui sortent de vous avec facilité, je dois dire que je ne vous crois pas tout à fait.

L’écriture est difficile. Cela ne vient pas toujours naturellement. Parfois, nous avons besoin d’une petite étincelle pour nous lancer. D’une motivation ou d’objectifs. Et c’est ce que j’attendais depuis le début du confinement. J’attendais ces étincelles de motivation pour m’aider à écrire. Et ils ne sont jamais vraiment venus. J’ai dû créer ma motivation moi-même.

 

Au final, rien n’a changé?

Être à la maison m’a simplement rendu plus responsable et m’a apporté de nouvelles perspectives sur ce que je pensais être capable de faire. Toute cette crise et ce confinement forcé ne sont pas faciles pour personne. Prenez le temps de prendre un jour à la fois. D’écrire ou de créer un peu, avec de petits objectifs, afin de rester motivé.

Si vous pensez qu’être plus à la maison vous incitera soudainement à être plus créatif et créer deux fois plus qu’avant, alors je dois vous dire que ce ne sera probablement pas le cas. Toutefois, si vous y arrivez, c’est que vous avez trouvé à vous soustraire de votre environnement, à vous créer des objectifs, à défaire les barrières de votre prison, qu’elle soit mentale ou physique. Pour ceci, je vous félicite.

#OnLachePas

Rédacteur en chef, webmestre et buveur de café.