En écoutant Cargo Culte, j’imagine d’abord le groupe rap Gatineau. Difficile de faire autrement, c’est Seba (Eric Brousseau) qui chante/rap et qui a écrit les textes de Cargo Culte. Alors que le dernier album de Gatineau manquait un peu de souffle, devenu plus disco-pop qu’abrasif, on renoue ici avec l’intensité des débuts de Gatineau. De plus, Eric Brousseau y est plus authentique, il se cache moins derrière son personnage comme dans Gatineau.
Mais je m’égare, parce que ce n’est pas vraiment un Gatineau #2, non pas du tout! Cargo Culte est tout à fait unique. Très vite on appréhende cet autre univers riche, intense et rentre-dedans. L’autre univers, c’est Alex Mc Mahon (Plaster, Yann Perreau, Catherine Major) à la batterie et Jean-François Lemieux (Jean Leloup, Pascale Picard, Daniel Bélanger) à la basse.
L’agressivité des textes, la répétition, l’intensité, comme si on mettait le doigt sur un bobo et qu’on n’arrêtait pas de gratter, d’ouvrir la plaie, enfoncer le clou. Et c’est aussi ça Cargo Culte, un hip-hop musclé, du rap-punk, du rock-électro gras, originale, frais et rentre-dedans. Les paroles acides, actuelles, cyniques et lucides n’ont rien à envier à Loco Locass. Les influences sont aussi diverses que géniales : Gros Méné, Beastie Boys, Rage Against The Machine, Sonic Youth, Nirvana, The Roots et d’autres.
Cargo Culte débarque avec sa dose de musique sans vraiment te prévenir. Tu te fais happer par les textes engagés, irrévérencieux, acerbes, lancinants et qui enfoncent un doigt et un œil mature sur l’actualité. Personellement, je suis conquis. J’adore Les temps modernes et le recommande à tous!
Un pays où les crapules sans scrupule pullulent
Où les copains d’la corruption, s’accouplent, copulent
Finissent par croupir qu’une fois sur cent en cellule
Où le peuple avachi avale souvent la pilule
Mardi 30 avril 2013 – Les Katacombes à Montréal – Spectacle lancement 10$ album inclus.
Site Web : cargocultemusique.com
Facebook de Cargo Culte : www.facebook.com/GroupeCargoCulte

Il y a une multitude de clin d’œil culturel dans cet album. Autre curiosité : dans la chanson Champs de Bataille qui parle d’une relation de couple très tumultueuse, le refrain fait un très beau salut aux titres (et à l’univers?) des albums du groupe Karkwa : Les tremblements s’immobilisent, Le Volume du vent et Les Chemins de Verre.
Emporte-moé où les tremblements s’immobilisent
Où les vents affolés de la furie se tranquillisent
Pose ton amour tendrement sur mon coeur
Comme on pose sa paume sur un enfant qui a peur
Abaisse le volume du vent qui vient avec l’hiver
J’en peux juste pu qu’on marche sur des chemins de verre
Que le sol incertain colmate enfin ses failles
Que l’horizon, au loin, fasse tomber ses murailles