Probablement mon groupe de rap préféré, où devrais-je dire de «Hip-Hop»? Le fait est qu’on a pas tout à fait réussi à identifier la bébite, mais on sait qu’il s’agit d’un rejeton du Hip-Hop. La troupe, composé de cinq MC et du DJ/producteur VNCE, lance cette semaine sur Bonsound leurs très attendus second album intitulé Montréal $ud, qui fait suite à Collation Vol.1. Au départ, on identifiait Dead Obies comme un rejeton de Loud Lary Ajust et Alaclair Ensemble, mais cette fois, la troupe s’affermit et solidifie sa place.
Je t’avais parlé de leur prestation électrisante des Francouvertes, l’an passé.
Un album haut, gros et lourd.
Montréal-Sud est une ancienne ville de la Rive-Sud de Montréal, annexé à la ville de Longueuil dans les années 60. Mais sur cet album, il est plutôt question de la banlieue de Montréal en général, la banlieue des centres urbains. On parle toujours de sud sale, de 9 à 5, de routine et de cul-de-sac.
L’esthétique «Dead Obies» est repensée, réfléchie. Le franglais est fort, beau et libre. L’énergie débordante de la troupe a été canalisée. Au départ, Dead Obies évoquait un jongleur hyperactif lançant des oursins en feu dans les airs et raflant pas mal tout le monde au passage. Maintenant, il s’agit plutôt d’un énorme canon qui tire des salves à charge nucléaire bien dosé et à répétition, au beau milieu d’où ça fait mal/bien, selon l’angle que l’on aborde. Car on aime beaucoup ou on déteste avec autant d’énergie, mais Dead Obies ne laisse personne indifférent.
Les influences? Il y en a tellement beaucoup que je ne saurais en brosser un portrait représentatif. On pense peut-être à Drake, Alaclar Ensemble, Maybe Watson, Kendrik Lamar, Kayne West et même Gorillaz.
Montréal-$ud est l’album que j’aurais voulu à mes 15 ans.
Un opus qui tire sur tout, pogné entre deux rives, la basse dans le tapis, le flot qui coule sans interruption. Qu’on se le dise ici, les gars ont réalisé un des meilleurs albums de l’année. La production est solide, le flot est tellement bien synchronisé et débité avec un si grand talent qu’on perçoit l’unité et la cohésion. Il ne s’agit pas de cinq MC qui font leur rap chacun de leur côté et qu’on aurait amalgamé. Non. C’est aussi beau qu’une danse synchronisée sur du béton jonché de téflon. C’est sale, lourd et ça fesse. 79 minutes, oui c’est long, mais c’est bon en torrieux.
Montréal $ud se décline en trois actes, on commence dans le trafic, on prépare le party, puis on se défonce au maximum et on rechute, sur Friday Night et Love Song. Tellement touffu et solide, l’album a la merveilleuse qualité d’être propice à la ré-écoute. Surtout qu’on fini le jam d’enfer avec Tony Hawk, pour se faire plaisir, crier bien fort, headbanger comme un punk et pourquoi pas, envoyé chier tout les haters.
Spectacle-lancement au cabaret du Mile-End, le mercredi 13 novembre à 20h. Gratuit!


Pas pire du tout. Bons arrangements. Mais c’est-tu moi ou j’ai pas tout compris ce qu’ls disaient ?
Y’a les paroles de la plus part des chansons sur leur Bandcamp (si tu cliques sur chaque titre individuellement)