Les trois jeunes filles qui composent le groupe originaire du Nouveau-Brunswick Les Hay Babies, soit Katrine Noël, Vivianne Roy et Julie Aubé ont eu la lourde tâche d’offrir un album aux attentes élevées. Pari réussi? Pas tout à fait.
C’est qu’en 2013, elles avaient remporté devant les Dead Obies la finale des Francouvertes avec leur folk-country émotif et bien joli. Je crois avoir monté mes attentes un peu trop haut pour elles. Car en fait, je suis un peu déçu de leur album…
D’abord, soulignons que l’ambiance générale de Mon Homesick Heart est bonne, mélancolique et bien tramée. Celles qui ont pris l’habitude d’utiliser la guitare et le banjo se sont laissé aller avec énergie et créativité. Pour la comparaison, on pense facilement à des cousines entre Lisa Leblanc pour le style et le Nouveau-Brunswick et aux Soeurs Boulays pour les harmonies vocales.
Sauf que c’est justement là que le bât blesse. Elles n’ont pas le charisme de Lisa Leblanc, ni son franc parlé, ni sa poésie vulgaire. Pour ce qui est des harmonies, disons qu’ont les ressent plus lors de leurs concerts que sur leur album. On ne sent pas la complicité entre les trois filles. Ça tombe un peu à plat.
Par contre, j’aime bien que François Lafontaine (Galaxie, Karkwa) ait sorti les filles de leur zone de confort avec des arrangements un peu plus touffus sur Bonnie and Clyde, N’importe quel gars et Trop frette. Mais encore là, ce n’est pas Les Hay Babies qu’on sent, mais Lafontaine.
Pour le reste, Mon homescick Heart est en soi un album excellent et très appréciable. C’est honnête, vif et très beau. La mélancolie, les arrangements et les images poétiques mélangés dans une langue franglaise-shiack sont super. Il s’agit d’un album de voyage qu’on laisse tourner dans la voiture, mais pas aussi longtemps qu’on le voudrait. On s’en lasse. Ma chanson préféré reste Néguac and Back, superbe.
Écoute l’album en bas et dis-moi ce que t’en penses.
