
La finale des Francouvertes vient d’avoir lieu. Le public et le jury ont sacré Philippe Brach grand gagnant et avec raison. Celui-ci est reparti avec la bourse de 10 000 $ remis pas Sirius XM ainsi qu’une multitude d’autres prix (temps de studio, promo, distribution, spectacles et, etc).
Les entrevues ont dû s’enchainer depuis ta victoire?
Oui, mais là je me repose. Je suis en train de manger un pâté chinois en écoutant un film réalisé par Dan Bigras.
Qu’as-tu fait le soir des Francouvertes pour fêter ta victoire?
On est allé à L’espace Public sur Ontario. C’est un bar où ils vendent juste de la microbrasserie, de la bonne bière. C’est une espèce de pub culturel. On est allé là avec les boys du band et on a closé le bar, ben relax. Il faut dire que rendu à 3h on était tous pas mal fatigué de notre journée. Aujourd’hui aussi j’ai passé une grosse journée, mais je suis content. Très content.
T’attendais-tu à être en finale des Francouvertes?
Je voulais rien prendre pour acquis. Peu importe si ce que tu fais est bon, il y aura toujours des imprévus. Le meilleur exemple, c’est Joëlle Saint-Pierre. Elle était première lors des préliminaires, mais elle ne s’est même pas classée en finale. Ça prouve que t’as juste à changer deux personnes sur le jury et ça ne donne pas le même résultat. J’étais donc conscient que ça se pouvait très bien que j’aille pas en finale.

Et comment t’est venue l’idée de t’inscrire aux Francouvertes?
Ça fait quatre ans que je m’inscris et que je ne suis pas pris. Comme dans pas mal tous les concours où je me suis inscrit. Je pense que c’est une bonne chose parce que je n’étais pas prêt ni mûr pour des concours. Mais cette année, c’était le bon moment, le timing était parfait. En plus, on lançait mon album. Ça ne pouvait pas mieux tomber.
Tous ces prix que tu as gagnés, qu’est-ce que ça t’ouvre comme portes?
Je viens de finir de payer mes dettes pour mon premier album qui vient de sortir. Ça va clairement m’aider à regarder vers l’avant, c’est une base de production pour mon deuxième album. En plus, les prix me donnent énormément de spectacles. J’ai toujours le problème de payer mon loyer, mais au moins je sais que j’ai un montant qui dort pour m’aider à l’avenir dans mes projets. Je tiens à produire mes albums, c’est très important pour moi. Je paie et je garde mes masters.
Ton association avec Spectra, ça s’est fait comment?
Je voulais absolument sortir mon album au printemps. Si c’était juste de moi, je l’aurais sorti il y a un an ou deux, mais le timing était excellent cette fois. Je voulais le contrôle total sur ma vision créatrice. Il y a des chansons qui n’auraient pas passées autrement. Mais comme j’avais déjà fini mon album, ils ont dit, « oui on aime » et ils ont fait la mise en marché. Parfois, je leur propose des idées, juste pour les tester et finalement je me rends compte qu’ils sont aussi fuckés que moi, parce qu’ils acceptent tout! Créativement parlant, j’ai une liberté totale et c’est important pour moi. C’est vraiment une belle gang.
Tu as plusieurs projets qui t’attendent?
J’ai tous les spectacles qui s’en viennent. On doit faire un peu tourner l’album qui vient de sortir, mais je veux rapidement tomber dans le second album, parce que j’aimerais le sortir en automne 2015. J’ai aussi un projet de roman pour adultes, mais c’est le genre de projet que je garde on the side entre deux albums.
Qu’est-ce que tu retiens de ton expérience aux francouvertes?
Les ressources sont vraiment dans les prix et dans l’impact et le regard de l’industrie, leur feedback. C’est sûr que je profite du buzz, je l’aime et je le prends, mais c’est juste un buzz. Je ne suis pas cave. On est en 2014 et un buzz, ça redescend rapidement. Les gens sont sollicités de partout. T’es a un clic de tomber sur ce que je fais et à un clic de plus jamais retomber sur moi. Quand tu disparais, le monde ne te supplie pas nécessairement pour que tu reviennes. Ce n’est pas garant d’une carrière. Ça part le feu, mais il faut que tu l’alimentes et c’est un super beau défi. Je trouve ça excitant et stimulant.
Qu’est-ce que tu penses des critiques? Notamment celle de Sylvain Cormier?
Je ne pense pas que quelque chose peut être fondamentalement mauvais. Tu ne peux pas dire qu’il n’y a rien de bon. C’est un peu vide. Je suis le premier à aimer la critique, parce que quand c’est constructif, ça me permet de me remettre en question et j’aime ça. J’ai peut-être une tête de cochon, mais je suis très ouvert. Je sais ce que je veux, je sais où je m’en vais et je demande juste ça d’être convaincu du contraire. Ce qu’il a dit sur moi pouvait passer, à la limite, mais ce qu’il a dit sur Julie Blanche ou Deux Pouilles en cavale, je n’étais pas d’accord. Je trouvais ça un peu vide. Je crois qu’il a assez d’expérience pour être constructif, normalement, mais là on dirait que notre show avait l’air de la deuxième guerre mondiale, de la fin du monde. Mais bon, je vis très bien avec ce qu’il a dit sur nous, je trouve ça juste dommage.
À part ça, ça va super. Je ne reste pas sur mon cul. Je profite du buzz, mais en continuant à travailler. On a des spectacles à faire, j’ai des nouvelles chansons à composer, tout va bien.
Retrouvez Philippe Brach sur Facebook.
2 réponses