
Les demi-finales commencent. Le conteur est remis à zéro et les artistes ne sont plus que neuf pour encore trois soirs (14 avril, 15 avril et 16 avril).
Ce soir, c’est le premier soir des demi-finales. Il pleut et ça rends humide le moindre mouvement, la moindre pensée. On croyait le Cabaret du Lion d’or chaud, il est brulant. Nous suons tous sur nos chaises et on se rafraîchit dehors durant les pauses.

P.A.P.A
Celui qu’on croyait le fier représentant du nouveau rap québécois était mieux préparé que la première fois. D’abord, une petite mise en scène avec un preacher met la table pour le jeune rappeur. Ensuite, P.A.P.A arrive, plus réveiller et plus énergique. Sa présence se fait plus ressentie et lui-même, ne semble plus avoir les yeux rougis par le pot. Le crowd semblait de son côté et suivait avec enthousiasme son flow sale bien punk rap. Il a offert une performance bien en sueur et bien chaude, économisant son énergie plus que la dernière fois. Moi qui n’avais pas accroché la première fois, je me suis laissé facilement convaincre par le bonhomme, plus convaincant, mieux présent et beaucoup plus généreux.
Il n’a pas commis les erreurs de sa première prestation, s’améliorant beaucoup. On a pu prendre le temps de mieux analyser son flow et ses textes, pour remarquer qu’il mériterait d’être plus tatillon sur l’articulation et la prononciation, mais le travail en ce sens, est difficile et il y arrive avec brio. Chapeau.

Bobby One
L’énergie monte d’un cran avec l’apparition de Bobby One sur scène. Le crowd est du côté du rappeur « classique » et il en profite le mettre facilement dans sa poche en éclipsant son prédécesseur. Aucune erreur ici, tout est calculé non nonchalamment, mais avec minutie. Il présente des chansons variées en exploitant une riche gamme d’émotion. Les ingrédients sont tous là : un full band composé de musiciens de talents, qui donne un côté plus intense à la performance, un hypeman avec de l’expérience comme Farfadet et des paroles travaillées. Pourtant, c’est dans l’attitude du chanteur, un peu distant, un peu nerveux? Que ça ne clique pas. Comme s’il répétait un texte sans le sentir et sans le feeler. Mais c’est peut-être moi. Les autres bémols? Avec DJ Manifest à la barre, on ressent peut-être trop la ressemblance à Koriass.
De son côté, la foule l’encense. Elle crie pour un rappel après une performance survolter où tous, dans la salle, se sont levés dans la moiteur pour scander et se balancer les bras avec lui.

Philippe Brach
Le lumineux, talentueux et magnifique Philippe Brach clôturait la soirée. Si je suis conquis? Oui. Il a mon vote et je le vois déjà remporter la grande finale. Mais ne nous emballons pas trop vite. Il débute avec son charisme, sa simplicité et son humour. Il happe la salle avec brio. Ébauche un rock solide qui tangue avec doigté dans un folk bien senti. On dirait que Dédé Fortin le regarde aller et qu’il a suivi des cours avec Daniel Bélanger. Le talent transpire de lui, surtout en ce soir d’humidité. Il arrive à nous émouvoir, à être sensible, apaisant, profond.
Malheureusement, il nous offre pas mal la même recette qu’à sa première soirée, sans le charme de la première fois. S’il se retrouve en finale, il aura fort à faire.
Le palmarès de cette première soirée de demi-finale:
1) Philippe Brach
2) Bobby One
3) P.A.P.A (Pas d’Argent Pas d’Agent)
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