En effet, c’est mon erreur. J’aurais dû porter plus d’attention à cet album-monument d’audace et de force douce. J’aurais dû m’assoir tranquillement dans mon salon, mettre les écouteurs, boire un café et fumer une cigarette, ou deux, ou trois (je ne fume pas, mais vous voyez l’image poético-hipster?). Au moins, j’ai évité l’erreur de parler de cet album sans trop l’avoir senti.
Parce que le quatuor de Limoilou (Jean-Christophe Bédard-Rubin, Julien Déry, Alexandre Martel et Cédric Martel) ne fait pas qu’offrir un album très réussi de 10 pistes, non, ça serait trop simple. Ce qu’ils proposent, c’est de convier l’auditeur à parcourir une épopée baroque ou les mélanges et les influences se coupent et se recoupent. Psychédélique à souhait, on traverse ici des murs aux sonorités beatlesque avec des touches d’Harmonium, des inspirations Karwaesque, Watsonesque et gâtons-nous, un folk à la Neil Young et aux Beach Boys. Trop d’influences? Non, des inspirations qui se diffusent tant la proposition de Mauves est limpide d’originalité.
Ça bouge beaucoup, pas tout à fait montagne russe, mais c’est un périple entre drogue dur et onirisme, un rock progressif-acoustique qui embarque l’auditeur dans une fresque volcanique ou chaque pépite d’or-magma traverse un immense territoire de sonorités, de musiques, d’instruments et d’idées.
Musclé, mais léger, avec un souffle d’ouragan quasiment sensuel, Mauve emporte tout avec une douceur étonnante et une énergie saisissante. Il ne faut pas oublier le côté tableau, fresque, ébauche de textures, de sensations et de couleurs. Le faux du soir est une poésie qui fait appel à tous les sens, mais qui va surtout chercher le cœur.
