Ferme la lumière, coule-toi un bain et un café au lait, latté ou thé, mais maudit, fait toi plaisir! Parce qu’avec cet album-là, tu vas planer à jeun, sans bouger le petit doigt. Tu auras les oreilles pleines de neiges multicolores et d’ambiances magiques tissées avec doigté.
Monogrenade porte bien son nom. Oui, oui! Il s’agit d’une déflagration musicale, une excellente explosion élaborée ou les obus sont des baumes à l’âme. Une fresque avec un souffle qui se développe, couche par couche, avec un tempo digne du diable, c’est-à-dire lancinant, calculé, mais organique.
Pour une formation qu’on avait taxée (à tord) d’être trop Karwaesque, Monogrenade signe ici un second album digne d’un chef-d’œuvre en se démarquant.
La subtilité, la retenue, l’audace et la fragilité qui se dégage de Composite en fait sa force. En même temps, on baigne dans un décor futuriste, construit sur des astres désaxés. La voix a plus de présence qu’à l’accoutumée, mais n’est pas nécessairement plus présente. Parfois, celle-ci se fait encore plus diffuse avec l’ajout de chœur fantomatique.
L’ambiance générale est encore plus orchestrale, poignante, sépulcrale. Les instruments sont mieux exploités, ils s’épanchent et coulent sans retenues. Pour sa part, le violon réussit à s’immiscer avec brio pour vibrer plus langoureusement. Il y a toujours cette pop éclectique qui fait leur charme, des synthés qui sonnent terriblement bien, le cor français de Pietro Amato (Bell Orchestre, The Luyas, Arcade Fire) et une apparition de Marie-Pierre Arthur sur Labyrinthe.
T’auras compris que j’ai adoré Composite et que je prévois à Monogrenade une bonne année.
Lancement d’album gratuit le 5 février au Cabaret La Tulipe.
