Thin

C’est un projet un peu tiré par les cheveux, mais également très intéressant que nous offre Thin Blue Line. Sachez d’abord que la formation lancera leur premier EP de cinq pistes le mardi 21 avril à La Vitrola (4602 Boul St-Laurent) accompagnée d’une section de cuivres. Les montréalais Human Human et Year of Glad assurera les premières parties. Une édition très limitée de 100 CDs numérotés et sérigraphiés seront disponibles lors de l’évènement et une version strictement numérique du EP pourra être cependant téléchargée.

Ça bûche. Il y a des guitares (beaucoup) et des instruments analogues qui s’amusent un peu partout sur l’opus. Le travail est mené auprès des sampler, de bidouillages sonore, des effets très radiophoniques. C’est en général lourd, puissant, avec des moments délicats (Telegraph 3am) qui donnent un beau souffle à l’ensemble. À consommer avec un grand intérêt et une bonne écoute.

L’histoire de Thin Blue Line

(Voici un extrait du communiqué de presse)

Il y a quelques années, le musicien vétéran de la scène montréalaise Toby Andris (Peter Peter, Chinatown, Statue Park) trouva un carton rempli de bandes magnétiques dans un marché aux puces de Budapest, ainsi qu’un carnet rempli de numéros et de noms inscrits sur les lignes bleues très fines de ses feuilles quadrillées Les allusions fréquentes à la bande de fréquence 4625 kHz lui permit de retracer l’origine des bobines au fameux « buzzer », un opérateur d’une des nombreuses stations de nombres qui ont maintenant été identifiés, et dont les transmissions sont attribuées à des activités d’espionnage au cours de la guerre froide.

Les bandes consistaient principalement au balayage de stations de radio à ondes courtes. Toutefois, à quelques rares occasions, le balayage de fréquence s’arrêtait assez longtemps pour qu’on puisse entendre de la musique, à peine intelligible en raison de poussières, de parasites, de saletés, de la démagnétisation et de la décomposition naturelle des bandes. Hanté par ces mélodies, Toby a recruté les musiciens qui étaient susceptibles de pouvoir l’aider à sortir ces enregistrements de l’obscurité : Greg Paquet (The Stills, Peter Peter), Mathieu Dumontier (Kiss Me Deadly, Le Husky), et Michel Aubinais (Hey Hey My My, FareWell Poetry, SAF).

Vu l’âge de ces bandes (fin 70 si l’on s’en tient au moment des premières transmissions du « buzzer »), ainsi que la forte présence d’équipement analogue de la même époque, tels que le Roland Space Echo et le synthé monophonique semi-modulaire System-100 de Toby, ce n’est pas surprenant que les arrangements du groupe rappellent le son des premiers groupes krautrock comme Neu!, alors que leurs compositions font écho aux groupes des labels de Chicago des années 90 comme Kranky (Labradford) et Thrill Jockey (Tortoise, Sea and Cake), et suggèrent des affinités avec les pionniers du post-rock et du math-rock, les mystérieux anglais Bark Psychosis et les américains Slint et American Football.

Thin Blue Line dispose encore de plusieurs bandes qui n’ont toujours été examinées, alors ne soyez pas surpris si des chapitres additionnels voient le jour éventuellement.

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