Dans le but de connaitre les artistes qui s’affronteront lors des préliminaires des Francouvertes, Le Draveur s’est entretenu avec chacun d’eux en leur soumettent un petit questionnaire de 10 questions.
Charles-Antoine Gosselin

Chanteur, multi-instrumentiste et compositeur au sein de la formation anglophone Harvest Breed, le Sherbrookois Charles-Antoine Gosselin profite d’une pause du groupe pour mettre de l’avant son projet solo en français. Fort de son expérience, il nous propose une musique introspective qui trouve davantage ses échos dans la tradition folk anglophone, où il puise la majeure partie de ses influences, que dans la chanson française.
Écoutez la chanson Il m’en aura fallu du temps.
1. Comment en es-tu arrivé à devenir auteur-compositeur-interprète?
Ça a commencé avec la formation Harvest Breed projet avec lequel on a fait quatre albums. Il y a un an et demi, on a décidé de faire une pause et de mettre le projet sur la glace, parce qu’on ne l’avait jamais vraiment fait, pour prendre un recul. Ça faisait un moment que je voulais faire mes propres chansons en français, mais avec le band, j’étais toujours trop occupé. Puisqu’on était en breaks, je n’avais plus d’excuses et j’ai décidé de prendre ce temps-là pour me lancer.
J’aime vraiment faire ça en français, c’est plus proche de moi. Il y a un petit côté thérapeutique en même temps. C’est très authentique.
2. Pourquoi t’être inscrit aux Francouvertes?
Je ne me suis pas inscrit au premier tour. C’est quand ils ont décidé d’allonger la période d’inscription que je me suis dit que je devais m’inscrire. J’ai enregistré trois chansons. Juste voix-guitare sur le coin d’une table et j’ai envoyé ça. Je n’ai pas de matériel, de EP ou d’album. Je travaille encore là-dessus.
Ça ne me tentait pas d’attendre une autre année. Beaucoup d’amis dans le milieu m’ont poussé à m’inscrire. Je n’ai jamais fait de concours et je me suis dit qu’avec la visibilité et l’expérience ça pouvait être une bonne idée. Depuis que je me suis inscrit, ça l’a fait accéléré mon projet.
3. Qu’allez-vous apporter à la compétition?
Je trouve que c’est une drôle de question que je me suis déjà fait poser. C’est difficile de trouver l’angle pour y répondre. Ça sonne comme si j’amenais quelque chose que les autres n’amenaient pas. J’ai un malaise par rapport à ça parce qu’en même temps je ne connais pas tous les artistes en compétition. J’ai remarqué lors du lancement que tous les artistes en compétition sont différents et les styles sont variés. Je dirais donc que j’apporte un côté plus folk, introspectif et minimaliste avec une formule guitare, voix, trompette et trombone.
4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?
Le plus grand défi, je pense que c’est de rester sois même et d’assumer son matériel. C’est un drôle de contexte, parce on s’en va vraiment se faire juger et ça n’arrive pas souvent dans la vie. Je pense qu’il faut assumer ce qu’on fait pour avoir le goût d’aller le présenter. Il ne faut pas être trop nerveux ni comparer son style avec un autre. Il faut oublier la compétition, faire son spectacle, peu importe ce qui arrive après.
5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?
Je travaille pas mal toujours de la même façon. C’est très rare que j’aille m’installer pour écrire et que ça donne des résultats. Les chansons arrivent toujours dans des moments inattendus. Parfois, je vais écrire une chanson et avoir beaucoup de difficulté et à ce moment-là une autre chanson va arriver et sortir d’un coup. Des fois, je suis en train d’attendre quelqu’un et je prends ma guitare en attendant et je commence une nouvelle chanson. Je vais retravailler beaucoup mes textes aussi.
6. Quel est ton artiste québécois préféré?
C’est une excellente question. J’ai fait le projet Harvest Breed en anglais, car j’ai une culture musicale qui est très anglophone. J’ai appris en m’inspirant des artistes que j’écoutais. Je n’ai pas écouté beaucoup de musique francophone, mais je dirais que j’ai eu un passage Harmonium très important étant plus jeune.
7. Une chanson marquante et pourquoi?
Je dirais La nuit je mens d’Alan Bashung. C’est marquant pour mon projet, car c’est quand j’ai découvert Bashung que je me suis dit que ça pourrait être bon en français. Ça m’a inspiré.
8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?
J’écoutais beaucoup plus de musique à l’adolescence. Je me rappelle, quand on était ti-cul, on se faisait des soirées où on se couchait a terre et on écoutait un album au complet. Je ne sais pas si les gens font J’ai commencé vers 12-13 ans à jouer de la batterie, du Rush. J’ai écouté énormément de Rush, sinon mes autres grandes influences qui m’ont inspiré à faire de la musique, je dirais Neil Young et de la musique des années 70.
9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?
Je souhaite que les choses continuent de s’enfiler aussi naturellement qu’elles ont commencé. J’ai hâte de mettre quelques extraits sur internet. Dans les prochainessemaines, je vais faire quelques petits vidéos de performance live. J’ai hâte de faire des spectacles et enregistrez aussi.
10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?
Je n’ai pas vraiment écouté les autres. Je ne voulais pas être intimidé. Excepté Les Guerres D’l’Amour parce que je connais des gens dans le band, il n’y a aucun autre artiste que je connais.
Rosie Valland

Poétique, mais loin d’être de tout repos, Rosie Valland offre ses secrets dans son univers aux zones grises. Finaliste du Festival international de la chanson de Granby en 2012, elle a pris son temps avant de sortir son premier EP éponyme en avril 2014.
1. Comment en es-tu arrivé à devenir auteur-compositeur-interprète?
En fait, je ne me suis jamais posé la question. J’ai commencé à faire de la musique et le reste à suivis. Je ne me rappelle pas un moment où j’ai décidé de faire ça. Peut-être au moment où je me suis inscrit à l’École de la chanson de Granby il y a trois ans. C’est peut-être à ce moment-là que j’ai décidé de faire de la musique sérieusement. Je jouais du piano et j’ai commencé à composer juste vers 17 et 18 ans. Je ne sais pas ce qui a déclenché ça, peut-être l’adolescence tardive. Je suis allé avec le flow, comme on dit en français (rires).
2. Pourquoi t’être inscrit aux Francouvertes?
Je sentais que c’était le bon moment et le bon timing, mais aussi parce que les Francouvertes c’est un concours très important et une super belle vitrine. C’est un concours que j’aime aller voir et j’avais vraiment le goût de le faire. Je me suis inscrit l’année dernière, mais je n’avais aucune attente et en fait ça l’a bien fait mon affaire de ne pas être choisis. Je sentais que je n’étais pas prête. Cette année ça allait de soi. J’aurais été déçu de ne pas avoir été choisi.
3. Que vas-tu apporter à la compétition?
Je ne sais pas. Je ne pense pas que c’est à moi de déterminer ce que je vais apporter à la compétition. Je pense qu’il y a justement des juges ces soirs-là pour déterminer ça. Honnêtement, je ne comprends pas comment on peut comparer un groupe comme Les Guerres D’l’Amour à ce que je fais. On apporte tous quelque chose de vraiment cool.
4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?
Pour moi, c’est d’oublier l’aspect du concours. Dans ma tête c’est un spectacle. Quand on pratiquait, je trouvais ça très important de dire que ce n’était pas pour les Francouvertes qu’on pratiquait, mais bien pour un spectacle. C’est un beau concours, mais il ne fait pas tout miser sur le concours. C’est une belle vitrine avec une bonne salle. Il faut faire abstraction de ça, car au final, c’est juste de la musique.
5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?
Seule et souvent sous une émotion brute. C’est rarement réfléchi mes affaires, c’est très instinctif. Tout sort en même temps, la musique et les paroles. Je ne suis pas quelqu’un qui écrit ses textes à l’ordinateur. Tout se fait sur le tas pendant des gros rush. Par exemple, cet été j’ai écrit beaucoup et là c’est plutôt tranquille.
6. Quel est ton artiste québécois préféré?
Je respecte vraiment beaucoup Klô Pelgag même si je ne l’écoute pas tous les jours. Je ne dirais pas non plus qu’elle m’influence, mais c’est une artiste que je trouve qui a des couilles et qui fait ses affaires. J’ai vraiment beaucoup de respect pour les artistes dont la démarche artistique est présente et forte. Je pourrais en nommer plein!
7. Une chanson marquante et pourquoi?
Je suis vraiment une amoureuse de Gilles Vigneault et j’ai eu la chance de faire un atelier d’écriture avec. Je trouve que les plus grandes chansons, c’est lui qui les a écrites. C’est clairement ses chansons dans la francophonie que je préfère.
8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?
J’ai encore les mêmes. Je pense que je n’ai pas débuzzé. Assurément Metric et Stars. On dirait que je n’ai pas évolué, je suis encore là-dedans. J’ai découvert ça vers 16-17 ans et je suis contente que ça me parle encore cette musique-là. Je ne me tanne pas de les écouter. J’écoutais aussi du punk à cette époque-là. Je viens de Granby et la scène punk et métal y est très présente.
9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?
Je souhaite sortir l’album, même si je ne suis pas pressé. On l’a presque fini. J’aimerais ça avoir plus de spectacles cet été, je crois que c’est une belle suite logique. J’ai envie que ça bouge plus cet été. Je ne suis pas stressé.
10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?
Ça peut changer, mais c’est certains que Les Guerres D’l’Amour j’aimerais ça dans l’idée que ce n’est pas un band, mais un collectif. Ils sont douze et c’est dur au niveau marketing de faire vivre ça à long terme. J’aimerais ça qu’ils gagnent parce que c’est un maudit beau coup de pouce pour eux. Ils sont là pour le plaisir de jouer et non pour faire de l’argent. Ils ont fait l’un des spectacles cette année qui m’a le plus jeté à terre. C’est certains que je ne connais pas tout le monde et que je vais me laisser surprendre.
Jean-François Malo
Originaire de la couronne nord, mais installé à Montréal depuis quelques années, Jean-François Malo baigne dans la musique à temps plein. Il lance en mai 2014 un mini-album prometteur intitulé L’Amour au temps du Far-West. Sur ce premier effort solo réalisé par Emmanuel Éthier, il chante l’amour libre et sans compromis avec humour et autodérision.
1. Comment en es-tu arrivé à devenir auteur-compositeur-interprète?
J’ai commencé à gosser sur des guitares étant adolescent. Quand tu es adolescent, tu commences à te poser des questions et moi c’est de cette façon que j’ai trouvé d’y répondre. Quand est venu le choix d’aller au cégep, j’ai décidé de continuer en musique à Sainte-Thérèse au Collège Lionel-Groulx, après j’ai fait l’école nationale de la chanson à Granby. De fil en aiguille, j’ai fait mon petit bout de chemin.
2. Pourquoi t’être inscrit au Francouvertes?
Ce concours, c’est une institution! Quand j’ai commencé à avoir des bands, vers 18-19 ans, je me suis dit qu’un jour ça serait le fun d’y participer. Cette année, je sentais que mon projet était mûr pour y participer. Je suis content du spectacle qu’on a et de la formation.
3. Que vas-tu apporter à la compétition?
J’ai une vision quand même sympathique du rock and roll. Je pense que c’est ce que j’apporte le plus, quelque chose qui se prend pas trop au sérieux. C’est très assumé en même temps au niveau de la musique et des textes. Les chansons, c’est parfois des classiques qu’on s’amuse à refaire.
4. Quel est le plus grand défi que représentent les Francouvertes?
Le défi, c’est qu’il s’agit d’un one shoot deal. Si tu le feel moins cette journée-là, il faut que tu te démerdes pareil. Ça passe ou ça casse, c’est vraiment ça, on ne se le cachera pas. En termes de défi, j’ai envie de l’envisager comme un spectacle comme un autre. C’est un défi psychologique.
5. Dans quel contexte composes-tu de la musique?
Il n’y a pas de grand rituel autour de ça. Je m’assois à table, j’ai ma guitare et je gratte quelques accords, puis les textes ils viennent assez rapideemtn. Après, c’est du travail. Au bout d’une heure, j’ai un squelette de chansons. Ce qui est long après, c’est de les retravailler pour arriver à quelque chose que tes contents pour que les rimes soient bonnes. Je travaille beaucoup mes textes et mes chansons. Ça n’arrive pas par magie.
6. Quel est ton artiste québécois préféré?
J’en écoute beaucoup! Récemment, j’ai bien aimé l’Été de Philémon, c’était bon en criss. Sinon, j’ai aimé le dernier de Chocolat, très garage ou même Astronomie d’Avec pas d’casque. Dans les trucs plus vieux, je dirais Claude Dubois.
7. Une chanson marquante et pourquoi?
Je pense que ma chanson préférée ever c’est Hey Jude des Beatles. À partir des Beatles, pour moi, il y a un avant et un après. Sinon, il y a aussi l’album Jaune de Jean-Pierre Ferland.
8. Quelles étaient tes influences musicales dans ton adolescence?
J’écoutais des trucs de classique rock comme Pink Floyd. J’ai écouté beaucoup de prog aussi, mais je pense que ça ne transparait pas trop, comme Genesis, Yes, King Crimson.
9. Qu’est-ce que tu souhaites après les Francouvertes?
Un album! Il est tout écrit, j’ai même fait une pré-prod et j’aimerais bien ça l’enregistré. C’est vraiment dans une suite logique de l’EP. Il me reste juste un peu d’argent à mettre de côté pour réaliser ce projet-là, mais c’est là-dessus que je travaille. Je prépare aussi un spectacle assez funky avec le thème du « voyage dans la lune », j’ai vraiment hâte de travailler là-dessus.
10. Quel artiste souhaites-tu voir gagner les Francouvertes?
J’ai beaucoup d’amis qui jouent cette année. Il y a Mathieu Bérubé, Rosie Valland et The Urban Indians un band dans lequel je suis guitariste. C’est sur que mes amis je leur souhaite juste du meilleur, sinon il y a PONI que j’aime beaucoup. Ils font un bon rock and roll très pesant.
Soir 1 : Francouvertes [Entrevue] : YOKOFEU – Beat Sexü – Les Guerres D’l’Amour
Soir 2 : Francouvertes [Entrevue] : C-Antoine Gosselin – Rosie Valland – Jean-François Malo
Soir 3 : Francouvertes [Entrevue] : marijosée – Oli Laroche – The Urban Indians
Soir 4 : Francouvertes [Entrevue] : Samuele + Deslandes + Rymz
Soir 5 : Francouvertes [Entrevue] : Mathieu Bérubé + Anatole + Eugène et le cheval


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